21/02/2007

4.

Cette première rencontre me laisse un peu ébranlée.  Je reprends mes activités sans vraiment y prêter attention, l'esprit ailleurs.
 
Qu'a-t-il pensé?  Comment me trouve-t-il?  Je devais avoir l'air bête, empruntée, coincée. Et puis ce fichu hoquet qui ne voulait pas me lacher! Il est très sûr de lui, bien qu'il se dise timide.. Cest vrai qu'il a de l'expérience dans le genre; moi c'est la première fois que ça m'arrive... Le reverrai-je?  Sûrement qu'il me prend pour une gourde...
 
Cent mille questions, cent mille doutes m'assaillent, me taraudent.  Troublée?  Oui, certainement.  Pourtant, étrangement, je reste sur mes gardes.  Mais en incurable romantique, je me prends à rêver...
 
Le soir-même, nous conversons par ordinateur interposé.  Ses mots me bouleversent, comme toujours.  Mon humour lui plait; nous rions comme en témoignent les petites têtes expressives qui ponctuent nos phrases.  Si moi je n'aborde pas le sujet, lui formule son intention de me revoir.
Non, je ne suis pas prête à le recevoir chez moi. 
Oui, on peut se voir demain pendant ma pause.
Lui n'a pas vraiment d'horaire, il s'alignera sur le mien.
 
Savoir que l'on convenait d'un rendez-vous alors qu'il se trouvait à quelques mètres de son épouse ne m'effleure pas un seul instant l'esprit.  Elle reste quelque chose d'abstrait, un personnage "secondaire", un peu comme une nounou.  Imaginer celui qui me fait chavirer assis, en charantaises, devant un feuilleton à la télé avec Madame à ses côtés, est un tableau abstrait, une incongruité. 
 
Nous convenons de nous voir le lendemain, de 12 à 13 heures.  Et tout à coup, cette pause de midi qui, jusque-là, s'étirait comme un train de banlieue, me paraît mesquine, étriquée, banale.  Nullement à la mesure de ce que je vis.  Je me sens des envies d'espaces, de temps non compté, d'insouciances.  J'ai quinze ans, le monde est beau, la vie est douce, laissez-moi vivre!
 
Cette nuit-là, je n'ai pas fermé l'oeil.  Bien d'autres nuits blanches suivront, vêtues de bonheur, de manque, de désespoir. 
Mais je n'en suis pas encore là.  J'ai, enfin, rencontré mon âme-soeur, tout le reste est flou, inconsistant et terriblement ennuyeux.

18:44 Écrit par Une passante... dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Un régal ! J'aime la concision des phrases...qui permettent une lecture rapide...j'ai l'impression de penser en même temps que l'héroïne....en plus ta façon d'écrire donne envie de connaître la suite.....
Journal intime ? Fiction ?....peu importe après tout...ne nous fait pas trop languir....
Bisous
A bientôt

Écrit par : Alexandre | 22/02/2007

En effet, ces phrases courtes et la facilité de lecture que tu nous offres par ce biais font qu'on a envie de connaître la suite, d'en savoir plus sur lui autant que sur toi puisque c'est une histoire en je.
A bientôt, bisous

Écrit par : Kardream | 22/02/2007

Stop...! Je rougis là...!
Une histoire en "je" oui... c'est, pour moi, plus facile d'écrire comme ça.
Merci pour vos commentaires...!!

Écrit par : Une passante... | 22/02/2007

Bonjour.......passante La suite,la suite,la.........
Et ça se lit plus facilement que jazzfan.
Je t'engage.
Gros bisous à toi.

Écrit par : DUKE | 23/02/2007

Bonjour, Passante, Tu as du talent. Et beaucoup de douceur, dans le coeur et dans l'écriture. J'aime beaucoup ce début de récit et je t'encourage volontiers à le continuer. TU verras, c'est en écrivant une histoire comme ça, au jour le jour, qu'on se prend au jeu, qu'on trouve des idées, que des rebondissements imprévus viennent...

Laisse couler de toi les mots, pour ton plaisir et pour le nôtre, c'est bien. Je t'embrasse de tout coeur.

Écrit par : Pivoine | 25/02/2007

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